11 novembre 2008: amputation de tous les orteils du pied droit. On pose sur la plaie un VAC, appareil qui doit accélérer la cicatrisation. Tous les deux jours, le pansement est refait, sous anesthésie générale. Antoine subira ainsi une dizaine de passages au bloc.
28 novembre: Antoine est transféré à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. On parle alors de le réamputer pour refermer la plaie. "Ca prendra trop longtemps à cicatriser", lui explique-t-on alors. "Vous souffrirez trop…" Antoine fait de la résistance et reçoit le secours inespéré d'un médecin prothésiste du centre de Valenton (Val-de-Marne).
Début décembre: on retire le VAC. Surtout, une infirmière arrive à refaire le pansement d'Antoine sans anesthésie. Très douloureux, mais c'est une nouvelle étape de franchie.
16 décembre: Antoine sort de l'hôpital. Il a des béquilles, une chaussure orthopédique (baruk) pour l'aider à marcher et des instructions de soin. Une infirmière libérale viendra tous les deux jours refaire à domicile le pansement. Pour le reste: débrouillez-vous…
Noël: Antoine se fait offrir un rameur.
Le grand sportif n'a pas renoncé à l'activité
physique. L'inactivité lui a trop pesé. Il fait une demi heure de rameur par jour, à fond, bien sûr – on ne se refait pas.1er janvier 2009: début du traitement au miel. Tout commence par un article sur le net qui a attiré son attention; le miel accélérerait la cicatrisation. Antoine prend contact avec le docteur Descottes, l'auteur de ce protocole qu'il met en pratique à l'hôpital de Limoges. Il suffit de commander un pot de miel à un petit apiculteur de l'Hérault (1 kg de miel de thym) et, avec l'aide des infirmières, d'appliquer le miel sur la compresse, posée sur la plaie. Tout simple et très efficace. Les infirmières elles-mêmes sont impressionnées par la rapidité de la cicatrisation.
11 février: Antoine fait ses débuts en vélib'. Le vélo, c'est plus drôle que le rameur!
4 mars: le pied est officiellement cicatrisé. Les soins infirmiers, c'est fini! Le pot de miel rejoint les étagères de la cuisine (délicieux sur les tartines, au petit déjeuner). Et Antoine reprend le travail: journaliste-reporter pour l'émission hebdomadaire Sciences 2 sur France 2.
Avril: Antoine tourne à Longchamp. Pour ceux
qui ne connaissent pas le monde du vélo, le tour de l'hippodrome ouest-parisien est une piste où les cyclistes roulent comme des fous! Cyclistes du dimanche, s'abstenir!14 juin: Antoine participe à sa première course cyclo-sportive, la Time-Megève-Mont-Blanc, 85 km et quelques cols (photo ci-dessous)!
Suivra la Tristan Mouric, le 28 juin,127 km qu'Antoine parcourt en 5 heures avec l'ascension mythique du Mont Ventoux.
Ascension qui parachève également l'étape du Tour de France ouverte aux amateurs, le 20 juillet, avec cette fois 170 km (photo ci-dessous). Antoine finit à 3 heures du vainqueur
mais finit surtout par se faire gronder par son prothésiste; la cicatrice est encore fragile. Malgré quelques frayeurs, le pied tient bon.Septembre: Antoine essaie une première prothèse. Elle ne pourra pas l'aider à courir. Il prend contact avec Ossur, fabriquant high tech de prothèse (ce sont eux qui font les prothèses de Pistorius, le coureur sans jambe). Mais rien n'existe pour les amputés des orteils. Certains sportifs préfèrent même se faire recouper le pied au-dessus de la cheville pour se faire appareiller…
Le monde des prothèses reste le parent pauvre de la médecine. Un autre combat à mener si Antoine veut recourir un jour…
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Je suis extrêmement
touché par les témoignages de sympathie
