Antoine Bonfils est rentré
Antoine Bonfils a atterri samedi matin à Paris, avant d'être transporté en ambulance à l'hôpital Percy de Clamart. Ses parents, sa soeur et moi-même l'avons vu arriver, souriant, au service des urgences. Il a été installé dans le service de chirurgie orthopédique du professeur Rigal. Il ressort des premiers examens des médecins qu'Antoine a une fracture à la clavicule droite (il faudra l'opérer dans les jours qui viennent). Surtout, ses orteils (principalement du pied droit) sont gelés. Antoine est sous traitement pour favoriser la circulation sanguine, mais il faudra attendre un mois avant de se prononcer sur la nécessité de couper les chairs qui seraient nécrosées. Pour l'instant, l'hospitalisation est prévue pour durer une semaine.
Antoine fait preuve en tout cas de sa joie, de sa vitalité et de son courage habituels.
Il nous a donné plus de détails sur les jours terribles qu'il a traversés. Il a été pris, vendredi 17 octobre, dans une avalanche qui a soufflé toute son équipe, à 7500 m. Tous les membres de l'expédition ont été blessés. Le sherpa d'Antoine des côtes fêlées, Leonardo aurait mentalement régressé (il se retrouverait à un âge mental de 10 ans). Antoine, pour sa part, s'est peut-être blessé l'épaule lors de cette avalanche. Mais il n'a plus aucun souvenir des événements à partir de là: une amnésie totale qui touche 24 heures de sa vie. C'est François Bon qui lui a retracé les faits. Après l'avalanche, tous ont commencé la redescente, retrouvant des membres de l'expédition coréenne qui leur ont administré quelques soins (Antoine a eu un point de suture à la tête). Ils ont dormi au camp 2, en se plaçant sous oxygène, excepté Antoine (il n'en a pas non plus souvenir). Samedi, ils sont redescendus jusqu'au camp 1. C'est là que l'équipe s'est séparée, Antoine, certainement trop épuisé (mais sans pouvoir se l'expliquer), a refusé de continuer. Il est resté avec une tente, sans duvet, sans affaires (certainement enfouies dans l'avalanche), sans lunettes, tandis que le reste de l'expédition regagnait le camp de base.
Une nouvelle avalanche s'est alors abattue sur la cascade de glace. Dimanche, ne voyant pas revenir ses sherpas (le chemin entre le camp de base et le camp 1, à travers la cascade de glace, avait été coupé par l'avalanche), Antoine a entrepris de descendre par ses propres moyens la cascade de glace, profitant des moments où la luminosité était plus faible, le matin et en soirée, tentant de dormir tant bien que mal, en proie à des hallucinations. Et puis, c'est la délivrance: des membres de l'expédition coréenne, partis à sa recherche, mardi, à la demande de l'ambasse de France, l'ont croisé au milieu de l'Ice Fall mardi dans la matinée: il était sauvé.
Antoine fait preuve en tout cas de sa joie, de sa vitalité et de son courage habituels.
Il nous a donné plus de détails sur les jours terribles qu'il a traversés. Il a été pris, vendredi 17 octobre, dans une avalanche qui a soufflé toute son équipe, à 7500 m. Tous les membres de l'expédition ont été blessés. Le sherpa d'Antoine des côtes fêlées, Leonardo aurait mentalement régressé (il se retrouverait à un âge mental de 10 ans). Antoine, pour sa part, s'est peut-être blessé l'épaule lors de cette avalanche. Mais il n'a plus aucun souvenir des événements à partir de là: une amnésie totale qui touche 24 heures de sa vie. C'est François Bon qui lui a retracé les faits. Après l'avalanche, tous ont commencé la redescente, retrouvant des membres de l'expédition coréenne qui leur ont administré quelques soins (Antoine a eu un point de suture à la tête). Ils ont dormi au camp 2, en se plaçant sous oxygène, excepté Antoine (il n'en a pas non plus souvenir). Samedi, ils sont redescendus jusqu'au camp 1. C'est là que l'équipe s'est séparée, Antoine, certainement trop épuisé (mais sans pouvoir se l'expliquer), a refusé de continuer. Il est resté avec une tente, sans duvet, sans affaires (certainement enfouies dans l'avalanche), sans lunettes, tandis que le reste de l'expédition regagnait le camp de base.
Une nouvelle avalanche s'est alors abattue sur la cascade de glace. Dimanche, ne voyant pas revenir ses sherpas (le chemin entre le camp de base et le camp 1, à travers la cascade de glace, avait été coupé par l'avalanche), Antoine a entrepris de descendre par ses propres moyens la cascade de glace, profitant des moments où la luminosité était plus faible, le matin et en soirée, tentant de dormir tant bien que mal, en proie à des hallucinations. Et puis, c'est la délivrance: des membres de l'expédition coréenne, partis à sa recherche, mardi, à la demande de l'ambasse de France, l'ont croisé au milieu de l'Ice Fall mardi dans la matinée: il était sauvé.
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